Suite : Voir aussi article2208
Les épreuves de recrue.
Avant de devenir Éclaireur un garçon doit subir les épreuves de recrue.
C’est une épreuve qui montrera s’il vaut quelque chose et s’il est persévérant. Il n’y a rien de bien difficile. Vous trouverez dans ce livre tout ce qu’il vous faut pour cela.
Voici les conditions à remplir:
– Avoir entre 11 et 18 ans.
– Connaître les lois des Eclaireurs, leurs signes, leur salut (voir
« Loi de l’Eclaireur » ci-après).
– Savoir faire un certain nombre de nœuds.Quand vous aurez montré à votre instructeur que vous savez tout ça et que vous le savez bien, on vous donnera l’investiture; cela vous permettra de porter l’insigne des Éclaireurs à la boutonnière de votre habit, et sur votre chemise, à gauche, quand vous serez en uniforme.
LA LOI DE L’ÉCLAIREUR
Les Eclaireurs, dans le monde entier, ont des lois non écrites qui les lient aussi étroitement que si elles étaient imprimées noir sur blanc.
Elles nous viennent du vieux temps.
Les Japonais ont leur Bouchido, les lois de leurs vieux guerriers Samouraï, comme nous avons la chevalerie, les règles de nos preux du moyen âge. Les Peaux-Rouges d’Amérique, les Zoulous, les Hindous ont, eux aussi, d’antiques codes de l’honneur.
Voici celles de ces lois qui s’appliquent aux jeunes Éclaireurs et que l’on promet solennellement d’observer quand on s’engage dans le corps des Eclaireurs. Il importe que vous les connaissiez bien.
La devise des Éclaireurs est: TOUJOURS PRÊTS
Cela signifie que vous devez avoir l’esprit et le corps toujours en état de faire votre devoir.
PRÊTS pour ce qui est de l’esprit: parce que vous vous serez donné à vous-mêmes la discipline qui permet d’obéir à n’importe quel ordre, et aussi parce que vous aurez d’avance pensé à tous les accidents et à toutes les situations qui peuvent se présenter; ainsi vous saurez au moment voulu ce qu’il y a à faire et vous serez disposés à le faire.
PRÊTS, pour ce qui est du corps, parce que vous vous serez rendus forts, actifs, capables de faire au bon moment l’action qu’il faut faire et que vous la ferez.
Loi de l’Éclaireur.
I- UN ÉCLAIREUR N’A QU’UNE PAROLE.
Quand un Eclaireur dit: « C’est ainsi, je vous en donne ma parole » ou « Sur mon honneur », cela signifie qu’il en est ainsi; c’est comme s’il avait juré par le plus solennel des serments.
De même si un Chef-Éclaireur dit à un de ses hommes: « Je m’en rapporte à votre honneur », l’Éclaireur est tenu d’exécuter cet ordre au mieux de ses forces sans se laisser arrêter par rien.
Si un Eclaireur venait à manquer à sa parole en disant un mensonge, ou s’il n’exécutait pas avec exactitude un ordre qui lui aurait été donné en se confiant à son honneur, on pourrait lui demander de rendre son insigne d’Eclaireur, et lui interdire de jamais le porter de nouveau. On pourrait aussi lui enlever les droits d’un Eclaireur.
II- UN ÉCLAIREUR EST LOYAL.
Un Éclaireur est loyal. Il est fidèle à son roi, à sa patrie et à ceux qui la représentent, à ses officiers, à ses parents, à ses employeurs ou à ses subordonnés. Il tient à eux envers et contre tous et les défend contre quiconque les attaque en actes ou en paroles.
III- UN ÉCLAIREUR SE REND UTILE, IL VIENT EN AIDE
A SON PROCHAIN.Il fait son devoir avant toute chose, dût-il pour cela sacrifier son plaisir, ses aises, sa sécurité. Quand de deux choses, il ne sait pas laquelle il doit faire, il se demande: « Qu’est-ce qui est mon devoir? » c’est-à-dire: « Qu’est-ce qui vaut le mieux pour autrui? » et il fait celle-là. Il doit être toujours prêt à sauver la vie d’autrui, à aider des blessés. Et il doit s’efforcer de rendre chaque jour un service à quelqu’un.
IV- UN ÉCLAIREUR EST L’AMI DE TOUS, ET LE FRÈRE
DE TOUS LES AUTRES ÉCLAIREURS.Quand un Eclaireur en rencontre un autre, même s’il ne le connaît pas, il doit l’aborder et l’aider de toutes les manières, le mettre à même d’accomplir sa mission, soit en lui donnant à man¬ger, soit en lui fournissant dans la mesure du possible tout ce dont il peut avoir besoin. Un Eclaireur n’est jamais un snob. Un snob est quelqu’un qui en regarde d’autres de haut en bas, parce qu’ils sont plus pauvres, ou qui, s’il est pauvre, en veut à d’autres parce qu’ils sont plus riches. Un Éclaireur prend les gens comme ils sont, et il est bien avec chacun.
Les Hindous appelaient Kim « le petit ami de tout le monde »; chaque Eclaireur devrait mériter ce nom-là.
V- UN ÉCLAIREUR EST COURTOIS.
Il est poli envers tous, — mais particulièrement envers les femmes et les enfants, les vieillards, les infirmes, les manchots, etc. Il n’accepte pas de récompense pour avoir été secourable ou courtois.
VI- UN ÉCLAIREUR EST BON POUR LES ANIMAUX.
Il leur épargne la souffrance dans la mesure du possible; il ne tue sans nécessité aucun animal, même une mouche, — car c’est une créature de Dieu. Il lui est permis de tuer un animal pour se nourrir.
VII- UN ÉCLAIREUR SAIT OBÉIR.
A ses parents, à son chef de patrouille, à son instructeur, il ne demande pas: « Pourquoi? » Même s’il reçoit un ordre qui ne lui plaît pas, il fait comme un soldat ou un matelot: il l’exécute parce que c’est son devoir. Après qu’il l’a exécuté, il peut revenir et fournir ses raisons contre, mais un ordre doit être exécuté tout de suite. C’est la discipline.
VIII- UN ÉCLAIREUR EST TOUJOURS DE BONNE HUMEUR.
Quand on lui donne un ordre, il obéit gaîment, vivement, non pas en traînant la patte et à contre-cœur.
Un Eclaireur ne grogne jamais quand quelque chose lui paraît dur; il ne ricane pas et n’insulte pas ses camarades quand il a été battu par eux. Il siffle et il sourit.
Quand vous manquez un train, ou qu’on vous marche sur un cor
— ça ne veut pas dire qu’un Eclaireur doive avoir des cors — ou dans d’autres circonstances ennuyeuses, forcez-vous à sourire tout de suite, puis sifflez un air et ce sera passé.Les Eclaireurs punissent ceux d’entre eux qui jurent ou parlent mal en leur versant un pot d’eau froide dans la manche. Ce châtiment a été inventé il y a trois cents ans par un vieil éclaireur anglais, le capitaine John Smith.
IX- UN ÉCLAIREUR EST ÉCONOME.
Il met de côté tout l’argent qu’il peut et le dépose à la Caisse d’épargne, pour avoir de quoi vivre si le travail vient à manquer et n’être pas à charge à d’autres. Ou bien pour avoir de quoi don¬ner à ceux qu’il verra dans le besoin.
X- UN ÉCLAIREUR EST PROPRE DANS SON CORPS, DANS SES PENSÉES, SES PAROLES ET SES ACTES.
Il n’a pas d’estime pour les sots qui disent des saletés, et il ne se laisse aller à dire, à penser, ni à faire rien de sale.
Un Eclaireur a l’esprit propre et le cœur viril.
Salut et signe secret de l’Éclaireur
Les trois doigts levés lui rappellent les trois arti¬cles de la promesse de l’Éclaireur:
- Être loyal;
- Aider autrui;
- Obéir à la loi de l’Éclaireur.
Quand un Eclaireur rencontre quelqu’un, camarade ou étranger, pour la première fois dans la journée, il le salue d’un demi-salut.
Il salue toujours par un salut complet: un chef de patrouille, un instructeur, ou un officier de l’armée de son pays.
Il salue de même le drapeau ou le chant national, et les convois funèbres.
Un Éclaireur décoré du Loup d’Argent a le droit de faire le signe en laissant ouverts le petit doigt et le pouce et en repliant les autres doigts, le pouce en haut. C’est un signe des Peaux-rouges d’Amérique.
Ces saluts ne se font que quand l’Éclaireur n’a pas son bâton (voir XIXme bivouac).
J’ai vu l’autre jour un individu qui disait qu’il était Anglais, qu’il en valait bien un autre, et qu’il voulait être pendu si jamais on le voyait lever un doigt pour saluer ses prétendus « supérieurs ». Il n’était pas leur esclave pour se mettre à plat ventre devant eux, et patati et patata. Cela témoignait d’un petit esprit, commun parmi ceux qui n’ont pas eu une éducation d’Eclaireur.
Je n’ai pas discuté avec lui, mais j’aurais pu lui dire qu’il se faisait du salut une idée fausse.
Un salut n’est qu’un signe entre hommes de qualité. C’est un privilège de pouvoir saluer un autre homme.
Jadis les hommes libres portaient des armes et, quand ils se rencontraient, chacun levait sa main droite pour faire voir qu’elle ne tenait pas d’armes et qu’ils se rencontraient en amis. De même quand un homme armé rencontrait une dame ou une personne sans défense.
Les esclaves et les serfs n’avaient pas le droit de porter des armes, ils passaient devant les hommes libres sans faire aucun signe.
Aujourd’hui on n’est plus armé, mais ceux qui auraient eu jadis le droit de l’être, quiconque vit de son avoir ou gagne sa vie, con¬tinue de saluer comme on faisait jadis en portant la main à son couvre-chef ou en l’ôtant.
Les paresseux n’ont pas le droit de saluer ; qu’ils passent leur chemin, comme ils le font, en effet, sans s’occuper des hommes libres et des travailleurs.
Saluer, c’est montrer qu’on est un homme comme il faut et qui ne veut pas de mal à autrui. Il n’y a là rien de servile.
Si un étranger vous fait le signe de l’Eclaireur, rendez-lui tout de suite son salut et tendez-lui la main gauche. S’il vous montre alors son insigne, ou vous donne une autre preuve qu’il est Éclaireur, traitez-le comme un frère et aidez-le de toute manière.
Investiture des Éclaireurs.
Manière d’admettre une recrue au nombre des Eclaireurs.
La troupe est rangée en fer à cheval, l’instructeur et son assistant au centre.
Le candidat, assisté de son chef de patrouille, est debout à l’intérieur du cercle en face de l’instructeur. L’assistant tient le bâton et le chapeau du candidat. Sur l’ordre qui lui est donné, le chef de patrouille amène le candidat au centre de la troupe. L’instructeur lui demande alors: « Savez-vous ce que c’est que votre honneur? » Le candidat répond: «Oui. Cela signifie que l’on peut compter sur ma droiture et mon honnêteté » ou tels autres mots de même signification.
L’instructeur: « Puis-je compter, sur votre honneur:
- Que vous remplirez votre devoir envers la patrie?
- Que vous aiderez autrui en tout temps?
- Que vous obéirez à la loi de l’Éclaireur? »
Le candidat fait alors le demi-salut, et la troupe entière en fait autant, tandis qu’il répond:
« Je promets, sur mon honneur, de faire tout mon possible pour:
- Remplir mon devoir envers la patrie.
- Aider autrui.
- Obéir à la loi de l’Éclaireur. »
L’instructeur: « Je compte sur votre honneur pour garder cette promesse. Vous faites maintenant partie de la grande fraternité des Eclaireurs. »
L’assistant lui donne alors son bâton et lui met son chapeau.
L’instructeur lui serre la main.
Le nouvel Éclaireur fait front à la troupe et la salue. La troupe présente les bâtons.
L’instructeur commande: « A votre patrouille, marche! »
La troupe porte le bâton sur l’épaule, le nouvel Éclaireur et son chef regagnent leur patrouille.
En faisant sa promesse l’Eclaireur tient sa main droite au niveau de son épaule, la paume en avant, le pouce appuyé sur l’ongle du petit doigt, les trois autres doigts levés.
C’est la façon de saluer des Eclaireurs et leur signe secret.
Quand la main est à la hauteur de l’épaule, on l’appelle: demi- salut.
Quand elle est à la hauteur du front, c’est le salut complet.
Suite : Voir aussi article2210













