Composer une photo : la règle des tiers

"...comment on construit une image, de quoi une image est faite, comment les formes s’y agencent, comment l’espace s’y remplit, comment le tout compose, au final, une unité. » paul Strand


Ce n’est pas une règle absolue, on peut faire d’excellentes photographies sans respecter cette règle. Ça n’est pas non plus la garantie d’une photo hors du commun. En reportage, la règle des tiers, c’est un minimum syndical, une sorte de filet qui, si on l’utilise, permet de s’assurer de toujours ramener des photos correctes.

Il va de soi qu’en débutant en reportage, ce serait une grave erreur que de faire impasse sur cette règle !

Le concept de la règle.

L’idée est d’imaginer comme sur la photo ci-contre deux lignes verticales et deux lignes horizontales, chacune de ces lignes coupant l’image en trois bandes approximativement de même largeur ou hauteur.

Certains appareils permettent de visionner ces lignes sur l’écran pour un compact, ou même dans le viseur optiques chez certains appareils reflex (chez Nikon principalement).

On construira la photo en s’appuyant sur ces lignes imaginaires et leurs croisements.

Ici deux personnages sont placés directement sur les lignes verticales, tandis que la limite entre le ciel et l’herbe se place sur la ligne horizontale supérieure. La composition est équilibrée, ne nécessite pas d’être recadrée. Il n’y a pas d’élément en trop. L’alignement du chemin des perches ajoute deux lignes supplémentaires à l’image qui rejoignent l’horizontale supérieure, marquant ainsi la perspective.

Si les lignes des fauteuils peuvent donner une sensation de déséquilibre à l’image, sa construction autours du visage de la caravelle? ainsi que de son bras suivent les tiers, les points forts (visage, angle du cou et poignet) sont situés aux intersections des lignes. Le vide à l’intersection droite supérieure permet de mettre en évidence son support de travail bien qu’il ne soit pas au premier plan.

Ici un plan serré aurait coupé la lecture de la photo. L’espace libre sur la droite permet de suggérer le mouvement. L’image se construit sur deux des quatre lignes, la verticale gauche qui est longée par le mat et l’horizontale basse qui est parallèle à la ligne d’horizon. On aurait pu imaginer cadrer plus serré pour rapprocher l’horizon de la ligne verticale, mais il aurait alors été nécessaire de tronquer la voile.

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